Le grincement discret d’une patte sur une tuile, une petite ombre qui file entre deux chevrons : le loir, cet invité nocturne, s’invite parfois là où il n’est pas attendu. Au réveil, ce ne sont pas seulement des bruits qui trahissent sa présence, mais aussi des crottes, laissées en héritage dans nos greniers, nos combles ou les recoins oubliés de la maison.
Il existe une palette de solutions naturelles pour tenir les loirs à distance sans recourir aux produits chimiques. Parmi elles, l’huile essentielle de menthe poivrée fait figure de classique : quelques gouttes déposées sur du coton près des endroits stratégiques agissent comme une dissuasion silencieuse. Installer des plantes odorantes à proximité des accès ou veiller à un entretien régulier, en rebouchant systématiquement les moindres fissures, participe aussi à limiter les intrusions. Un entretien appliqué et un œil attentif aux moindres indices peuvent transformer le quotidien.
Identifier les crottes de loir
Pour reconnaître les crottes de loir, mieux vaut d’abord savoir à quel animal on a affaire. Ces rongeurs de la famille des gliridés, actifs surtout quand la maison dort, ne se montrent que rarement en plein jour. Leur taille varie entre 10 et 30 cm, mais c’est surtout leur trace qui interpelle : des excréments pouvant prêter à confusion avec ceux des souris, à quelques détails près.
Caractéristiques des crottes de loir
Quelques critères aident à ne pas se tromper lors de l’identification :
- Aspect allongé, fuselé, jamais vraiment rond.
- Coloration noire ou brun très sombre, qui contraste nettement avec la poussière ou le bois clair.
- Longueur d’environ 1 cm, ce qui les distingue des crottes de souris, nettement plus petites.
On repère généralement la présence de loirs dans des espaces calmes et sombres. Les greniers, combles et endroits peu fréquentés deviennent alors leur terrain de prédilection, à l’abri des regards et de l’agitation.
Signes de présence des loirs
Les crottes ne sont qu’un indice parmi d’autres. Plusieurs éléments peuvent signaler la visite de ces rongeurs :
- Bruits persistants pendant la nuit : frottements, petits sprints sous la toiture.
- Dommages matériels : fils électriques entamés, isolants arrachés.
- Traces graisseuses ou brillantes sur les zones de passage répété.
Astuce pour identifier les crottes
Pour distinguer les crottes de loir de celles des souris, il faut se pencher sur leur taille et leur forme : celles des souris se montrent généralement plus courtes et plus arrondies. Une observation minutieuse dans les coins des greniers et combles suffit souvent à lever le doute. Dès que la présence de loirs est confirmée, il est possible de passer à l’action en misant sur des méthodes naturelles pour les éloigner.
Utiliser des répulsifs naturels
Huiles essentielles
Certaines huiles essentielles offrent une alternative respectueuse pour limiter l’installation des loirs. Des parfums comme la menthe poivrée, l’eucalyptus, le laurier, l’encens ou la sauge sont réputés pour leur efficacité. Leur mise en œuvre reste accessible :
- Imprégnez quelques morceaux de coton avec quelques gouttes d’huile essentielle, puis placez-les dans les zones de passage des loirs.
- Pensez à renouveler l’opération toutes les deux semaines pour que l’odeur reste dissuasive.
Appareils à ultrasons
Il existe également des appareils à ultrasons conçus pour émettre des sons désagréables pour les loirs, tout en restant inaudibles pour l’humain. Pour une efficacité optimale :
- Placez ces appareils dans les combles, greniers ou autres secteurs fréquentés par les loirs.
- Veillez à ce qu’aucun obstacle ne bloque la diffusion des ultrasons entre l’appareil et la zone à protéger.
Plantes répulsives
Installer certaines plantes autour de la maison peut aussi contribuer à dissuader les loirs. La menthe et le laurier, notamment, jouent un double rôle : barrière naturelle et touche de verdure bienvenue. Deux exemples concrets ci-dessous :
| Plante | Effet |
|---|---|
| Menthe | Odeur marquée qui repousse les rongeurs |
| Laurier | Barrière odorante, feuillage dense |
Adapter ces solutions ou les associer selon la configuration du lieu permet d’obtenir des résultats tangibles, tout en préservant l’harmonie avec la nature environnante.
Nettoyage et désinfection
Après le passage des loirs, il devient indispensable de procéder à un nettoyage approfondi. Les crottes, en plus de l’aspect désagréable et de l’odeur, peuvent transporter des agents pathogènes. Pour garantir des espaces sains, voici quelques conseils à respecter :
- Portez des gants et un masque pour éviter tout contact direct avec les déjections.
- Utilisez un aspirateur avec filtre HEPA pour aspirer crottes et poussières potentiellement contaminées.
- Désinfectez soigneusement les surfaces, à l’aide d’une solution javellisée ou d’un désinfectant naturel adapté.
Ne négligez pas les sols et parois, même ceux peu fréquentés : un nettoyage régulier à l’aide de vinaigre blanc dilué, par exemple, réduit les risques de réapparition.
Utilisation de nasses grillagées et pièges
Pour capturer les loirs sans leur causer de tort, les nasses grillagées ou autres pièges non mortels sont tout indiqués. Voici comment s’y prendre de façon efficace :
- Disposez les nasses sur les itinéraires préférés du loir, notamment dans les greniers ou combles.
- Prévoyez des appâts appétissants, comme un morceau de pomme ou quelques graines, pour attirer les animaux.
Stockage des aliments
L’alimentation reste un point sensible : stocker les denrées dans des contenants hermétiques permet de limiter l’attrait des loirs pour la maison. Un placard bien fermé suffit à réduire nettement les risques d’intrusion à la recherche de nourriture.
En associant nettoyage minutieux, désinfection régulière et vigilance sur l’alimentation, il devient bien plus simple de reprendre la main sur la situation et de limiter les traces laissées par les loirs.
Mesures préventives pour éviter leur retour
Pour empêcher les loirs de revenir, tout commence par l’inspection de la maison. Ces rongeurs, adeptes des espaces calmes, trouvent souvent refuge dans les combles et les greniers, causant parfois des dégâts non négligeables. Reboucher chaque faille ou ouverture à l’aide de matériaux robustes comme le métal ou le béton s’impose alors comme la parade efficace.
Les répulsifs naturels gardent toute leur pertinence ici : huiles essentielles déposées sur du coton dans les zones à risque, ou installation d’appareils à ultrasons pour créer une zone dissuasive invisible, tout cela limite fortement leur retour.
Un autre point de vigilance concerne les réserves alimentaires : placer les aliments dans des contenants hermétiques réduit l’attrait pour ces animaux opportunistes. Un espace de stockage bien organisé suffit souvent à faire la différence.
Il convient de rappeler que la législation européenne, notamment la Convention de Berne, assure une protection aux loirs. Toute intervention doit donc se faire sans recours à des méthodes létales. Si jamais la situation s’enlise malgré toutes ces précautions, faire appel à un professionnel de la dératisation garantit une gestion conforme et respectueuse de la réglementation.
En adoptant ces gestes simples et réguliers, on façonne peu à peu une maison où le loir ne trouve plus sa place, tout en préservant la subtile frontière entre vie domestique et biodiversité. Une vigilance discrète, mais redoutablement efficace.


